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Archive for the ‘Anime’ Category

Beyond good and evil

Fin du tour d’horizon des Genius Party Beyond. Au programme cette fois-ci une impasse, les peurs d’un enfant et un petit voyage lunaire déjanté.

Tojin Kit de Tatsuyuki Tanaka nous fait suivre dans un premier temps le quotidien plutôt lobotomisé d’une femme qui semble élever des créatures à la morphologie étrange. Elle leur offre ensuite une sorte de seconde vie en les transférant dans des peluches à l’aspect animal. Les journées dans son appartement dégradé auraient pu continuer ainsi si les autorités compétentes n’avaient eu vent de ce qui s’y trame.

Un petit film très appréciable, doté d’une réalisation et d’un dessin solide. Visuellement le gris domine largement l’univers présenté. Cette uniformité n’est à dire vrai dérangée que part quelques touches de rouille ici et là. Et de l’orange parsemant le tout : celui des inscriptions humaines sur les murs et celui des étranges pouvoirs qu’utilise le détective. La séquence où celui-ci laisse son regard percer au travers de la matière est d’ailleurs très joliment rendue. Quant à ceux qui ne sont pas de ce monde, les drôles de créatures, elles embrassent une myriade de formes et de couleurs, dénotant complètement avec le quotidien humain. Il se dégage du court-métrage une atmosphère très intrigante du fait d’un trop peu d’information, au final la sensation se marie très bien à l’univers aseptisé ici présenté. Tojin Kit fait figure de pur court-métrage en un sens, il n’y a pas d’explication particulière sur le monde : c’est une fenêtre qu’on nous ouvre, l’on s’y penche un instant et on en ressort. Mention spéciale à la scène finale mystique à souhait.

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Ah… Wanwa the Doggy (aussi traduit Puppy) de Shinya Ohira. S’il surprend c’est tout d’abord par son parti prix graphique. Du jamais vu en animation japonaise, en tout cas pour moi. Il faut remonter à Inaka Isha de Koji Yamamura pour retrouver une expérience visuelle déroutante comme celle-ci. Comment en donner un avant-goût ? Disons que Wanwa the Doggy ce sont les petits pâtés qu’un enfant de quatre ans aurait laissés sur une feuille. Pâtés auxquels il ajouterait quelques doses du vomi de son gouté savamment réparties ça et là. En voilà une description qui donne envie ! Et pour cause tout ce qui est en mouvement semble être fait d’une matière liquide : ça bouge, ça se tend et se détend, jamais ça ne garde la même forme. Mis à part les fonds qui eux sont souvent fait d’une très belle aquarelle. À propos de ceux-ci il est d’ailleurs bon de noter qu’Ohira, dans sa volonté de coller au plus près de l’univers de l’enfance, a travaillé avec les crayons de couleurs qu’utilisait son fils pour ses propres dessins. Une grande part des choses visibles à l’écran sont elles aussi inspirées de scènes dessinées par l’enfant.

Il est proprement impossible de faire le tour de tous les délires animés qu’on peut voir dans ce film. L’histoire elle-même présente les peurs, les fantasmes et les rêves d’un petit enfant alors que sa mère est sur le point d’accoucher. De la sobre chambre d’hôpital on passe à une course-poursuite surréaliste et effrénée entre le garçon et deux ogres. Puis à la rencontre du fameux « wanwa », de la douleur et du cortège qui l’accompagne. C’est bien entendu volontairement que je reste évasif.

Si au premier visionnage je n’avais pas forcément accroché, il faut bien admettre qu’après deux ou trois fois les qualités du court-métrage surgissent toutes seules. Elles sont entre autre : une animation unique, une jolie petite histoire ainsi qu’une belle percée dans l’univers des enfants. Il plaira à tous ceux à la recherche d’une animation hors-norme. Trois fois rien mais voici quelques animateurs crédités : Shinji Hashimoto, Kenichi Konishi, Masaaki Yuasa, You Yoshinari, Hisashi Mori, Shinsaku Kozuma, Osamu Tanabe et Atsuko Fukushima pour finir. Je regrette de ne pas avoir mieux que le parcellaire site d’ANN pour en savoir plus sur leurs travaux.

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Concluons par Moondrive de Kazuto Nakazawa qui ne se présente pas comme autre chose qu’une sacrée bombe de style. Sous le couvert d’un road-movie lunaire on fait la rencontre d’une bande de loubard ayant un faible pour les explosions et le style « prêt à tout pour arriver à mes fins ». Les quatre voleurs tombent sur une carte qui devrait les mener tout droit à un sacré pactole.

C’est incroyable et d’une constance irréprochable : chacun des films composant Genius Party est l’occasion pour nous de s’extasier sur une animation unique et des styles hétéroclites. Le boulot de Nakazawa ne déroge pas à la règle, il fait même très fort. Les péripéties ne sont finalement qu’un prétexte pour laisser se déchainer quelques gags et autres folies du réalisateur. La chose passe par un dessin avec crayonné apparent du plus bel effet et des fonds superbes. Par exemple la ville et la manière fantaisiste dont sont faits les immeubles avec leurs délimitations toujours courbes, jamais droites. Le réalisateur a même laissé quelques indications écrites de ses dessins préparatoires, c’est ce qu’on peut observer notamment sur le dernier screenshot dans la terre en arrière plan. Un très bon moment que ce court-métrage et 15 minutes qui filent très vite.

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En écrivant ce billet je me suis souvenu qu’il restait des segments de Genius Party qui n’avaient pas bénéficié d’une release sur le net à l’époque. Il s’agissait de Deathtic 4 de Shinji Kimura ainsi que de Limit Cycle par Hideki Futamura. Les deux sont désormais disponibles et ils sont semble-t-il excellents d’après ce que j’en lis à droite et à gauche. On avait aussi fait mention d’un épisode auquel aurait participé Nicolas de Crécy mais je ne trouve plus d’information le concernant, je crois bien qu’il avait été annulé. Impossible cependant de remettre la main sur une source.

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Far away and beyond

Ce retour procède d’une injustice. Toujours la même. À savoir qu’il est accablant de constater comme l’on promeut peu ce qui doit l’être dans l’animation japonaise.

Nos génies sont de retour et ils vont cette fois-ci encore plus loin, ce qu’ils laissent apercevoir dans l’épithète : Beyond. Je veux bien entendu parler de Genius Party. Qu’est-ce donc que cela? Genius Party c’est une anthologie dans laquelle on donne la liberté à plusieurs réalisateurs de faire des courts-métrages au sein du studio 4°C.

Gala de Mahiro Maeda est arrivé à point nommé en ce qui me concerne pour redynamiser une ferveur qui s’assagissait de plus en plus face à ce que la plupart des productions japonaises nous proposaient. Cette œuvre rappelle forcément, et ceci dans un style qui lui est propre les Fantasia de Disney.

Tout commence par l’immense chute d’une imposante masse qui réduit le paysage forestier alentour au néant, séquence d’ailleurs superbement animée ainsi que dessinée et c’est une caractéristique omniprésente dans chacun des courts-métrages proposés. Un groupe de créatures éparses par leur physionomie s’en approche et tente d’en percer le secret par moult techniques. De ce groupe se détachent rapidement quelques personnages qui comprennent la nature véritable de la chose – elle est vivante – et tente de l’emmener à l’éveil.

Si j’ai évoqué précédemment Fantasia c’est parce que la musique joue dans Gala un rôle aussi prépondérant que les images. Je n’ai nulle part dans mes petites recherches trouvé mention du compositeur mais il a accompli un travail remarquable en accompagnant à merveille la naissance qui se déroule devant nos yeux. C’est grâce à elle que se développe la montée en puissance ô combien majestueuse qui présentifie l’évidence : la poussée de la vie s’établie dans la verticalité, dans la lutte contre la gravité. Je ne sais si le rapprochement est ici pertinent mais tout ceci m’a rappelé les thématiques et idées des emblématiques compositeurs impressionnistes français de la fin du 19ème et du début 20ème : Maurice Ravel et Claude Debussy. Ce n’est pas dans la composition musicale que je veux faire le rapprochement (car dans ce que l’on entend il n’y a rien qui se lie de près ou de loin au mouvement impressionniste) mais dans la volonté sous-jacente de lier musique, événements naturels et métaphores comme ils l’ont fait dans quelques œuvres. D’autres s’y sont essayés bien avant eux certes. J’en donne quelques titres pour s’en faire une idée, pour Ravel que l’on pense à ses Jeux d’eau. Quant à Debussy songeons aux Préludes pour piano, en vrac : Le vent dans la plaine, Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir, Des pas sur la neige, Ce qu’a vu le vent d’ouest, Brouillards, ou encore Feuilles mortes. Qui plus est n’oublions pas une de ses œuvres pour orchestre : La Mer. Arrêtons-nous là pour les exemples. La musique de Gala se pare en plus d’accents répétitifs savamment instillés à l’épopée.

Si les créatures semblent au premier abord ne pas posséder un niveau technologique très développé – j’en veux pour témoin leur habitat proche de la nature, le style médiéval très prononcé – force est de constater qu’ils sont pour le moins productif dans ce qui leur sert d’attirails destructifs. Il en va du démantèlement de cette chose tombée du ciel comme d’une évidence.

La scène qui commence à la moitié du court-métrage présente tous les signes d’un moment magique. Que ce soit l’extraordinaire adéquation entre visuelle et sonore dont je parle souvent et dont je fais grand cas tant elle est capable de me transporter subrepticement. Elle se poursuit lors d’une montée épique allant crescendo dans laquelle une déflagration d’images et de couleurs s’impose à nous. Il faut louer la sublime réalisation de Mahiro Maeda, il y accouple l’exaltation, l’euphorie et le divin jusqu’à un final renversant. Et quel final ! Lorsqu’on réalise enfin ce que fut tout ceci. Un petit film prodigieux d’une rare perfection.

Je suis presque tenté de dire : mesdames et messieurs les écologistes patentés, point vous est besoin de culpabiliser le chaland en lui montrant les désastres dont il est le soi-disant instigateur, faites plutôt de Gala votre fer de lance…

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Du Dimension Bomb d’un certain Koji Morimoto on peut en dire qu’il est une étrangeté diablement poétique. Frappé par sa vision, vous le serez… il est rare de voir ce genre d’œuvre abstraite (en tout cas à la première lecture) si brillamment mise en scène.

Je n’ai pas de synopsis à proposer, il me paraitrait de toute façon superflu d’en faire un tant il ne saurait rien retranscrire ni dire de ces vingt minutes. Ce que l’on note en tout cas d’un point de vue purement technique c’est le niveau graphique qui laisse pantois auquel s’adjoint une direction artistique des plus impressionnantes, il faut le voir pour le croire. Il est probable que les habitués du réalisateur (il doit bien en exister un ou deux en ce pays) ressentiront quelque chose de familier à la vue du court-métrage car il n’est pas sans rappeler quelques thématiques et plans d’une autre œuvre de Morimoto prénommée Mix Juice : la présence d’un alien, des lieux improbables, etc…

Si Dimension Bomb a un sens il n’est pas à chercher en priorité dans le premier matériel qu’est l’image. Du symbolisme visuel il y en a à foison mais j’ai dans l’idée qu’il n’est si grandiose dans le détail que pour mieux égarer le spectateur. Le tout préside d’une esthétique indubitablement magnifique mais elle n’est qu’un maigre indicateur de la réalité de ce qui se déroule. C’est à mon avis dans les rares phrases des personnages que l’on peut démêler quelque chose de plus tangible.

Il me serait facile de qualifier ce film d’expérience. Mais le mot perd de sa superbe à force d’être utilisé à tord et à travers. Je l’ai moi-même usé jusqu’à la moelle, il n’a clairement plus la force nécessaire pour envelopper Dimension Bomb. Tant et si bien que je vous oblige à le voir pour y mettre vous-même des mots. C’est une réussite de fond et de forme qui nous est présentée, à ne pas louper donc. J’y reviendrais sûrement pour une analyse un peu poussée. Sanagiman… Rush…

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Je freine ici pour le moment. Il y avait longtemps que je n’avais pas écris et il me faudra une courte période pour me chauffer et laisser la machine reprendre les rails. Cela donnera je l’espère le temps à certain (si ça n’est pas déjà chose faite) de voir les trois autres films dont je parlerais dans quelques jours. Pourquoi pas aussi les cinq autres datant de 2007.

Comme je ne vais pas faire un nouveau billet pour deux ou trois considérations je les évoque maintenant. J’ai enfin été voir Ponyo sur la falaise, le dernier Miyazaki. Très bon, bien que très enfantin. On y remarquera une séquence d’animation d’anthologie qui m’a laissé un sourire béat d’admiration : cette scène où Sosuke et sa mère sont poursuivis en voiture par Ponyo qui chevauche la mer. Sublime. Néanmoins, je regrette que le maître se tourne à l’âge qui est désormais le sien vers des productions où pointent bien moins la révolte bienveillante qu’il avait à ses débuts envers l’humanité.

Concluons par une surprenante nouvelle.

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(Désolé d’avoir repris le titre d’un de tes mails mon ami, j’espère que tu me pardonneras!)

L’actualisation de ce blog commence à s’amenuir jour après jour. Constatation ô combien pertinente que nous laisserons de côté pour le moment, car aujourd’hui j’ai voulu tenter quelque chose de neuf.

Je m’étais déjà attelé à la tache de chronique d’OST d’anime, c’était avec celle de Kare Kano composée par Sagisu Shiro puis celle de Jin-Roh que l’on doit à Hajime Mizoguchi. Je n’étais pas très satisfait du résultat pour les deux, elles se bornaient à quelques comparaisons avec d’autres compositeurs ainsi qu’à de brèves analyses musicales. De plus elles étaient d’une certaine façon enchainées à quelque chose de très cadré dans le développement : une chanson après l’autre.

Mais Casshern Sins est arrivé, portant avec lui les musiques de Kaoru Wada. Et j’ai senti que je devais en faire plus, bien plus. Après les avoir entendu dans l’anime, l’achat du CD et son écoute m’ont résolument pétrifié. À ce titre, j’ai presque vomis cet essai littéraire, que je veux expérimental, en tout cas dans la lignée d’un autre style d’approche de la musique. Recoucher nos éprouvés sur papier durant l’écoute d’une musique quelconque est un procédé parcellaire et vain. C’est ce que je m’étais contenté de faire auparavant. C’est ici, je le répète, une expérimentation quasi-débridé dans laquelle je tente de faire coïncider imagerie, scène et sonorité. Cela passe avant tout par des figures de style très fortes. La lecture de ce que j’ai fais ne saurait se suffire à elle-même, il est vital d’avoir à l’esprit le matériel d’origine d’où tout provient. Ce billet s’adresse ainsi avant tout à des gens ayant regardé Casshern Sins et si possible ayant l’OST à porté de clic. Chaque titre des compositions de Kaoru Wada est indiqué en gras, chaque paragraphe correspond donc à une composition (je n’évoque pas toutes les musiques bien entendu), à une scène et à des interrogations. Au final on obtient un tout cohérent.

Casshern Sins Original Soundtrack & Casshern Sins Special Complete Original Soundtrack (dans laquelle se trouve LUNA).

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Une longue et intrigante introduction où les violons se font d’une puissante gravité. L’accumulation d’une tension savamment distillée atteint son point culminant jusqu’à l’explosion fatidique. Lui naît de cette ultime torsion assujettie à une pression constante. Il se dresse sous les vents violents, alors qu’autour de lui se déchainent les éléments. Sa naissance est une erreur, son pêché c’est d’exister. Grosses caisses et violons sonnent le début de son périple, un long chemin qu’il souillera de ses Sins.

Son nom est Casshern. Il a tout oublié. Il n’est qu’une surface lisse pareille à une pierre taillée qui ne renvoie rien, n’évoque rien d’autre que sa constitution même. Plongeant son regard en lui il n’y découvre que le vide de l’amnésie. Mais ce vide est sa composition principale, elle le forme, elle l’a débarrassé de ses aspérités. Cette prise de conscience s’accompagne d’une terreur incommensurable, celle de l’inconnue et du doute sans limite. Impossible pourtant de rester extatique face à ce paysage apocalyptique : il amorce le premier pas, celui qui lui permettra d’imprimer objets et choses sur la toile vierge de son âme. Loss of memory n’est qu’un prélude.

Lost World… voilà ce qu’il découvre. Les journées ne sont que poussières déplacées au grès des facéties de rafales de vent sans pitiés. Les bois et les cuivres dépeignent un univers profondément glacé, aseptisé même, comme purgé de toute vie. Là où tout n’est que ruine et désolation, le voyageur s’avance, transperçant l’air contaminé par l’odeur de la mort. Lorsque sa langue humecte ses lèvres c’est le goût du métal qui lui répond.

Accablé par de telles sensations, c’est son regard qu’il tourne vers le chemin qu’il a déjà parcouru. Une immense nostalgie menace son cœur. Elle éprend tout son être sous l’enlacement blafard et neurasthénique des journées crépusculaires à la faveur desquelles l’interminable tintinnabule obsédant du métal en ruine gangrène son esprit. Alors qu’il tourne la tête à l’encontre du futur, du chemin que lui laisse entrevoir l’apaisante cacophonie mortifère des lendemains froids, il se sent défaillir : l’avant… l’après… ainsi pris dans une errance dont il ne peut voir le bout. Roamer.

Une rencontre est la promesse d’une accalmie passagère, RINGO la lui offre.

Pourtant le doute le reprend dans ses égarements. Les interrogations de la chair. Rusty body. Si tôt blesser le voilà régénéré sans aucune marque. Comment évoluer quand un corps ne peut conserver les traces du passé ? L’orchestre tout entier semble accompagner ses questionnements corporels dans une inflexible et lente agonie.

Voici venir de nouvelles raisons de s’enquérir de tout ceci : c’est l’arrivée du miroir, de celui que l’on nomme le double. Il est l’instigateur du changement, peut-être même du renouveau. Car c’est par l’image parfaite qu’il renvoie à Casshern que celui-ci en vient à poursuivre son illimité voyage. DIO and LEDA. L’Adam et l’Eve mécaniques. La première rencontre est à placer sous le signe de la distension, l’intolérable étirement du temps prend la forme d’une rivalité sans borne comme si elle précédait leur naissance. Ils sont pour ainsi dire assujettis à une force incommensurable qui les dépasse, c’est fatalité qui se drape sous le voile de la mort.

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À nouveau esseulé… Casshern, te voilà éprit de l’insensé délectation de ton malheur et ce jusqu’à te sentir dépérir dans les torrents de la mélancolie. L’infini océan de ton infortune t’engloutit, est-ce le néant que tu aperçois à deux pas ? Vas-tu enfin sombrer ? Pour rejoindre le Non-être qui t’as vu n’être. La chaude volupté de cette langueur nostalgique qui t’étreint ressemble à l’illimitée manifestation de ton désespoir. « Qu’importe la douleur de la chair, cette tristesse est ma joie » dis-tu. Ta vie prend peu à peu forme : bien que las, tu sonnes le glas rédempteur de tes peines. Du chaos des mémoires du passé une nouvelle lumière modèle ton tracé. Memory Past.

Sur les décombres du monde se fanent les fleurs resplendissantes. La flute enchantée apaise l’âme des voyageurs et celle de tous ceux qui s’engagent dans cet oasis de vie au milieu d’un monde abandonné. Life of flowers ou l’espoir d’un exutoire.

Peaceful. Traversant lentement l’étendue débordante de vie, une forte contradiction se fait jour en toi. Chaque pas un peu plus en avant écrase une once de cette même vie à laquelle tu aspires. De quel droit entaches-tu les portes du paradis, Casshern ? Une ombre noie toutes tes apaisantes pensées naissantes, jamais elle ne te laissera.

C’est son retour, le double est réapparu : Dark Matter.

Ainsi soit-il. Le temps de l’affrontement est venu. L’air se charge des appendices de la tension, tout autour des deux combattants fait silence. White vs Black. Chacune de vos similitudes vous éloignent un peu plus l’un de l’autre. Principium individuationis.

Le combat s’engage dans une divine symétrie. Par l’exaltation de l’excès les deux adversaires proclament leur existence. Ils modèlent ainsi à leur image le paysage déjà dévasté. Quel honneur que d’admirer béatifié le ballet mortuaire du Blanc et du Noir. Ils sont tels deux lignes parallèles déviants de leur tracé pour se rencontrer dans l’horizon de la mort. Et pourtant vous vous dressez verticalement pour cette bataille, et tendez ainsi du même coup les mains à la vie. Battle mode II.

Cette lutte intestine cesse sous le regard de l’Absolu. Ses paroles sont volupté, sa respiration emprisonne des parcelles de vie alors que son souffle rejette la mort. Sauve-les, sauve-nous, sauve-moi… LUNA.

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Il m’était difficile de faire plus de compositions que cela. Beaucoup sont passés à la trappe et cet état de fait me désole énormément : elles auraient toutes mérité leur place. Kaoru Wada a créé d’immenses chefs-d’œuvre et je ne saurais que trop vous engager à les écouter pour peu que vous aimiez la musique classique… ou que vous ailliez du goût tout simplement.

J’ai aussi scanné la boite contenant le CD et le contenu du petit livre qui va avec. On y trouve à l’intérieur une interview du compositeur, ce serait magnifique si quelqu’un avait la force et le courage de la traduire.

Bordereau / Avant de l’album / Arrière de l’album / Livret 1 / Livret 2 / Livret 3 / Livret 4 / Interview part 1 / Interview part 2 / Interview part 3 / Interview part 4

Jusqu’à maintenant j’étais très tourné vers l’animation japonaise. Désormais, ce blog prend une nouvelle orientation dans laquelle d’autres sujets auront autant de place que les animes.

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Oshii et les OFNIs

Je devais traiter dans ce billet de quelques petites histoires et mangas que Hayao Miyazaki avait dessinés dans la revue Model Graphix. Mais le site Buta Connection fait cela trop bien pour me donner une quelconque envie de redire ce qui a déjà été dit.

Non aujourd’hui, tournons-nous plutôt vers un des Objets Filmiques Non-Identifiés de Mamoru Oshii : Mezame No Hakobune (que j’ai mis plus d’un mois à télécharger quand même! Vive les torrents sans source).

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Un bref retour sur le concept du film et sa projection dans un cadre unique est ici une condition nécessaire afin de pouvoir l’aborder pleinement. Mezame no Hakobune (littéralement « l’Arche de l’Eveil ») aussi appelé Open Your Mind, fut diffusé durant la World Exposition 2005 à Aichi au Japon. Projeté dans un cadre unique, que vous pouvez voir ci-après, l’expérience était soutenue par un traitement typé IMAX qui est un format de pellicule de très grande taille. À titre d’information, il n’existe en France que quatre endroits équipés pour la projection IMAX, dont la Géode et le Futuroscope.

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Poursuivons. Dans la partie centrale de l’arène, au sol, 96 écrans plasma de 50 pouces. Le tout entouré par 139 statues de généraux à tête de chien (« Ku-Nu »), ceux que l’on aperçoit entre autre dans le film, et surmonté par la figure d’une déesse. En hauteur on peut apercevoir les écrans géants qui entouraient la salle. Il s’en dégage une ambiance tout à fait incroyable qu’on aurait aimée expérimenter lors de la première rencontre avec Mezame no Hakobune. Le passage de ce cadre monumental et grandiose à celui d’un écran d’ordinateur ne saurait en aucun cas rendre justice au travail, ainsi qu’à l’essence de ce qu’Oshii a voulu exprimer. Je ne parle que d’Oshii mais il est aidé dans la réalisation par Hiroki Hayashi (auteur de El Hazard, le monde magnifique, réalisateur sur un OAV de Bubblegum Crisis puis sur la série TV Bubblegum Crisis : Tokyo 2040, récemment superviseur des cgi sur The Sky Crawlers) et accompagné comme toujours par Kenji Kawai à la musique.

Bien, mais alors… de quoi est-il donc question dans cette production spéciale me demanderez-vous? Très bonne question monsieur Elkabbach, s’il vous reste du cirage, vous pourrez me faire les pompes.

Open Your Mind présente une épopée : celle de l’origine de la vie, d’une manière assez unique et expérimentale. Elle est composée de trois actes, plus un prologue et un épilogue auxquels Kenji Kawai donna le nom d’intermission. Oshii met ainsi en scène d’une manière tout à fait personnelle des théories sur l’apparition de la vie sur notre planète et des préceptes de la philosophie godai. Philosophie basée sur les cinq éléments, comme souvent en Asie, que sont la Terre (« Chi » en chinois ou « tsuchi » en japonais), l’Eau (« Sui » ou « mizu) », le Feu (« Ka » ou « hi »), le Vent (« Fu » ou « kaze ») et le Ciel (« Ku » ou « sora »). On trouve parfois un sixième élément qui représenterait la Connaissance. Le film part de l’origine extra-terrestre de la vie, en l’occurrence apportée par six déités -donc six éléments- s’écrasant sur Terre. Au long des 35 minutes de l’œuvre on évoluera ainsi d’un milieu aquatique vers celui du ciel, puis jusqu’au sol.

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Dans une forêt ténébreuse on est invité à croiser ces personnages immobiles déjà mentionnées. Impériales, elles sont coiffées par des têtes animales rappelant nombre de dieux égyptiens.  Pourtant il vaut mieux chercher les références du côté du bouddhisme. Sho-Ho est le nom d’un de ces généraux, celui à tête de poisson. On poursuit avec Ku-Nu, possédant une tête de chien, puis le faciès d’aigle : Hyakkin. La musique de Kenji Kawai porte la scène avec brio, elle créer une atmosphère d’étrangeté fascinante, quasi palpable, donnant l’impression d’une rencontre avec des puissances divines inertes. C’est pourtant bien leur inaction qui les rends si intriguant, comme si l’unique chose suffisante était de se contenter d’exister stoïquement, de persister dans une posture si frappante qu’elle en dit plus à elle toute seule que n’importe quel mouvement.

Débute alors « Sho-Ho » : le premier acte.

Tandis que s’offre à nos yeux l’aliment à la base de la chaîne alimentaire marine, Oshii arrive à faire une superposition impressionnante entre les profondeurs des abysses et l’univers. Et c’est ce bref instant ou un œil se découvre telle une galaxie qui frappe par sa justesse. Les fameux chants Noh biens connus que Kenji Kawai a déjà utilisés dans les fameux Ghost In The Shell explosent alors. C’est en fait par eux que se fait la narration, ce qui en fait pour nous, pauvres non-initiés à la langue nipponne, un élément de moins pour saisir intégralement les visions présentées. Ce qu’on peut dire de la 3D en cet instant c’est qu’elle est de très bonne facture. Par certains aspects elle est comparable à ce qui avait été réalisé sur Ghost In The Shell 2 : Innocence sans jamais toutefois en atteindre la beauté plastique irréprochable. La faute sans doute à l’écrasement de cette image pour tenir dans un dvd classique.

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« Hyakkin » fait son apparition et c’est le second acte qui se lance.

On survole une parcelle de notre planète à la manière d’un shoot ’em up, vous verrez bien ce que la chose peut donner. Au court de ce périple on passera de la rencontre avec une créature ailée mystique à la traversée d’une métropole géante tentaculaire. C’est là que l’on sent les limitations du format brider quelque chose et que l’expérience aurait été tout autre dans la salle d’origine. On voit bien, à la façon dont l’image est scindée en plusieurs parties, à quel point l’espace avec les écrans au sol plus les autres alentours était mis à profit.

À Oshii de poursuivre ses métaphores avec les yeux qui renferment l’univers. Manière de rappeler à nos consciences que le monde de l’infiniment petit est un infiniment grand en soi.

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La ligne finale est entamée avec le troisième acte prénommé « Ku-Nu ».

À mon sens la période la plus aboutie car elle met en exergue avec une grande force visuelle de nombreuses thématiques et caractéristiques propre à Mamoru Oshii. La vision d’une créature bizarre, croisement entre un centaure, un homme et un chien semble presque incongrue et difficilement cernable, mais tout s’éclaircira par la suite. On retrouve ultérieurement l’un de mes grands plaisirs chez ce réalisateur : les interfaces complexes nappées de couleur orange. Visibles à foison dans les Ghost In The Shell, ainsi que sous une forme un peu modifié dans le mythique Avalon, ces interfaces graphiques sont un ravissement à observer. Les changements incessants des variables et autres petites claques visuelles sont superbes. On découvre peu à peu l’origine génétique de tout ceci.

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On poursuit avec une séquence de morphisme des plus détonantes. Le bébé, « L’Enfant Roi » est pour ainsi dire détrôné, démystifié par les images. Son caractère de « pervers polymorphe » résonne alors pour quiconque ayant un certain penchant pour la psychanalyse. Lui qui a vu l’avènement de son règne durant tout le siècle dernier et qui semble encore persister de nos jours.

La clôture ce fait là où tout avait commencé.

Vous pourrez le télécharger ici. Pas la peine de vous inquiéter en ce qui concerne les sources. Je suis dessus tous les jours à 12h18mins précise. Non, j’exagère. J’y suis aussi souvent que je le peux en tout cas. Mais au fait… dans les OFNIs il existe aussi un petit Tachiguishi du même réalisateur! Une prochaine fois peut-être.

Sinon des petits trucs d’ego-bloging (c’est inhabituel certes) en vrac pour lesquels je ne vais pas refaire un billet :

  • Evangelion 1.0 revu au cinéma à Paris et ce fut proprement mythique. Voir l’anime prendre toute sa dimension avec un écran de cette taille et une sonorité de la sorte (on a testé l’acoustique de la salle en plus) c’était à chialer.
  • Batman : The Dark Knight enfin visionné… oh mon dieu comme qui dirait!
  • Quand vous lisez un tome d’Aria, n’oubliez pas de mettre en fond sonore l’OST de l’anime. Bonheur décuplé, c’est moi qui vous l’dis.

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Oui, je suis très mauvais pour les titres.

Alors que le dernier épisode est sorti il y a peu sur le playstation store japonais de Sony, le moment semble opportun pour parler du dernier rejeton du studio BONES à savoir Bounen no Xamdou, ou sous son titre international Xam’d Lost Memories. Quelques spoils mineurs sont à prévoir.

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L’histoire commence sur l’île de Sentan. Akiyuki y coule des jours paisibles avec sa mère divorcée -son père s’occupant à plein temps de son travail dans une clinique- et ses deux amis Haru et Furuichi. Sur le chemin de l’école on découvre que la péninsule est attaquée par de mystérieux ennemis, le groupe est alors victime d’une explosion causée par une jeune fille aux cheveux blancs. C’est à cet instant qu’Akiyuki est touché par une étrange lumière et se métamorphose en un monstre que l’on nomme Xam’d.

On retrouve ici nombre d’animateurs ayant oeuvrés sur Eureka 7 quelques années auparavant. Ainsi c’est Masayuki Miyaji qui se retrouve au poste de réalisateur, lui qui était l’assistant de Tomoki Kyoda sur l’œuvre citée précédemment. En parlant d’Eureka 7, si vous l’avez vu alors il sera difficile de ne pas faire de nombreux liens entre les deux productions du studio. Et c’est le premier épisode qui est à ce titre marquant. Car si Xam’d Lost Memories semble entretenir une patte propre, derrière son univers aérien et l’équipage du vaisseau postal sur lequel va atterrir Akiyuki il souffle comme un doux vent qui n’est pas sans rappeler le style de la précédente production made in BONES. Les amateurs seront aux anges et les autres découvriront.

Tant que je suis du côté des inspirations, une autre crève l’écran : celle des films du studio Ghibli, en particulier ceux de Miyazaki. Le fer de lance étant certainement le personnage de Nakiami, une fusion de qualité entre deux grands mythes miyazakiens : San de Princesse Mononoke et l’immense Nausicaä. La jeune Tessik (un peuple subissant la répression) profite donc d’un traitement de valeur la rendant tout à fait fascinante, le tout porté par un caractère intriguant car elle est en effet peu expressive tout du moins au début de l’aventure, ce qui ne signifie pas qu’elle parle peu. Et si nous poursuivons un peu l’analogie avec ses deux comparses version Ghibli d’autres remarques nous parviennent. Si Nausicaä se déplace dans les airs grâce à sa grande maitrise du vent et par l’intermédiaire de son fameux moeve, Nakiami utilise quant à elle une sorte de kayak motorisé. Alors que Nausicaä comprend et protège les insectes, Nakiami s’évertue à guider les Xam’d du mieux qu’elle peut. On pourra aussi noter la grande similitude entre leur casque. Enfin, à l’instar de San, son visage est marqué par de petites peintures qui sont le signe de son appartenance à la communauté Tessik.

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Bien au-delà de ces quelques rapprochements, l’univers tout entier de la série est une ode au studio Ghibli et comporte énormément de clin d’œil.

L’un des moyens de transport qu’utilise Dame Sannova ressemble trait pour trait à ceux dont font usage les peuplades de l’empire Dorok dans Nausicaä de la Vallée du Vent, je fais référence aux jarres volantes. On retrouve les esprits de la forêt de Princesse Mononoke sous une forme très proche en la présence des Ongoros. Dans l’ending on peut apercevoir un plan sur lequel une procession de personnages lourdement équipés entame un voyage, leurs vêtements font remonter en nous le souvenir des maîtres vers toujours dans le même Nausicaä. Comme dans beaucoup de films de Miyazaki le thème du vol est prépondérant et les ballets aériens, qu’ils soient combats ou simples plans nous montrant par exemple le kayak de Nakiami en action,  sont légions. Pour paraphraser Tetho dans le podcast Skouetch : « Xam’d Lost Memories est la série que le studio Ghibli n’a jamais produite ». Bref, au milieu de toutes ces inspirations la question légitime se pose : l’anime arrive-t-il à se démarquer des mythes desquels il s’inspire pour se créer son propre chemin? Nous y reviendrons dans la conclusion.

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BONES nous le prouve une nouvelle fois, leur studio est un concentré de génie en matière d’animation (je parle bien du mouvement produit par les dessins). Tout bouge, presque rien n’est statique, la série se paye le luxe d’avoir une technique de très haut niveau et diablement léchée. Du point de vue de la réalisation on est embarqué dans un montage digne des plus grands films, difficile de croire que l’on fait face à une série! Xam’d s’appuie sur un dessin irréprochable, et ce tout au long de l’épopée proposée, aucune baisse de régime n’est à noter. On y retrouve le charme de graphismes coloriés et ombrés avec soin et pas en deux coups à la va-vite comme tellement de productions en computer graphics ces dernières années. Les combats sont dignes d’éloges, tout autant qu’un Casshern Sins mais dans une optique différente, moins axée sur le style pur. Un autre point sur lequel il faut louer ce studio dans ces œuvres originales c’est son chara-design si plaisant, voir même unique. On a droit à des vrais visages singuliers pour chacun des personnages, des traits travaillés et un réel relief sur le plan facial. Même soin apporté aux proportions des humains : leur corpulence varie d’un extrême à l’autre sans jamais s’enfermer dans l’idéalisation totale, c’est un véritable soulagement à observer. Graphiquement il n’y a rien à objecter devant ce qui nous est offert.

Ah… quoique certain auront sans doute du mal à se faire au parti pris graphique des Xam’d. Celui-ci est difficile à définir, les deux artistes responsables du design des Xam’d et de celui des humanoïdes -respectivement Seiichi Hashimoto et Kenji Mizuhata- osent à s’engouffrer dans une voie originale. Elle qui pourrait être perçue comme une forme d’évolution logique de ce qu’ont été les Coralians dans Eureka 7.

Époustouflé devant tant de maîtrise on se dit que quelque chose viendra à manquer dans le développement de l’histoire ou bien ailleurs. Et certes le déroulement de l’intrigue n’est pas exempt de défaut. Là où Eureka 7 s’écartait trop, avait trop d’épisodes, Xam’d Lost Memories semble en avoir trop peu au vu de la lourde tâche imposée par l’exécution. J’incrimine la faute à plusieurs facteurs, par exemple à des arcs mal gérés. Ainsi dans le début dans la seconde moitié de la série les personnages principaux se retrouvent tous séparés et nous les suivons chacun de leur côté. Sans être inintéressante cette partie aurait sans doute gagné à être plus réfléchie car on en voit mal la finalité, elle n’est peut-être qu’un prétexte à des séquences de retrouvailles intenses par la suite. Une tout particulièrement, sur laquelle il plane une brise Eureka Sevenienne du plus bel effet. Une partie de l’histoire est aussi dédiée à l’implication de Midori, la sœur de Haru, il faut bien reconnaître que son dénouement tombe à l’eau. Au final on comprend peu ce que sont des éléments clefs comme l’Hiruko (ou alors dois-je revoir une seconde fois la série?), on peut certes facilement le supposer mais l’anime ne donne jamais de réponse clair à son encontre. Le dernier épisode est bien trop rapide à mon goût et n’apporte pas les réponses qu’on attendait… même si l’épilogue est une réussite.

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Avec une galerie de personnages aussi réussis il était inévitable qu’en seulement 26 épisodes la série nous frustre sur l’histoire personnelle de quelques uns. Ishu entre autre (qui a dit le pendant féminin de Holland?) la mystérieuse capitaine du navire postal en pâtit : l’aura ténébreuse et bien particulière qu’elle impose si elle est du plus bel effet, le dévoilement en seulement quelques minutes de son passé dans un des derniers épisodes la dessert beaucoup. C’est heureusement plutôt anecdotique… de toute manière Xam’d rattrape le tout en proposant des thématiques rares dans l’animation japonaise, je veux parler des relations entre adultes. On voit se dessiner sur fond de conflit de véritables amitiés entre quadragénaires, les tribulations d’un couple divorcé, la culpabilité accompagnée des errements psychiques qu’elle impose à un scientifique qui transgresse tout… tellement rare que c’en est un réel plaisir.

La grande puissance de l’anime c’est d’arriver à être polyvalent dans tout les domaines possibles et imaginables (avec certes un petit moins pour le scénario… pourtant il faut bien l’avouer il surpasse de loin la moyenne de la production japonaise). Néanmoins exceller dans tant d’éléments différents et en faire la somme n’est pas nécessairement le gage d’une production merveilleuse. Il faut cette fameuse petite étincelle, ce rouage si particulier qui fera adhérer parfaitement entre eux les divers partis impliqués afin de leur donner la forme permettant l’accomplissement. Au regard de l’intégralité de la série Xam’d Lost Memories y parvient sans heurt.

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Pour terminer je dirais qu’on est en plus en présence du meilleur opening et du meilleur ending de 2008. Le studio arrive à imposer un nouveau standard dans l’animation japonaise. Standard qui a su utiliser ses références pour les transcender afin d’aboutir à un anime singulier.

Si Eureka 7 se perdait par moment du haut de ses 51 épisodes, Xam’d Lost Memories aurait mérité quelques épisodes en plus ou en tout cas un meilleur étalement de l’intrigue sur sa totalité. Mais BONES nous offre ici une production impressionnante qui n’est ni de l’ordre du chef d’oeuvre ni de celui d’un très bon anime : il oscille constamment entre ces deux limites. Voilà ce qu’on pourrait appeler une forme d’excellence.

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Un court billet sur une œuvre déroutante pour débuter ce mois de février : Kanashimi no Belladonna (1973) du studio Mushi Productions et réalisé par Yamamoto Eiichi (réalisateur sur des épisodes de la première série animée Astro Boy, ainsi que sur Léo, Roi de la jungle tout deux créés par Osamu Tezuka).

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Jeanne et Jean sont éperdument amoureux, ils désirent ce marier. Mais pour cela il leur faut l’accord du Baron régnant sur les terres ainsi que beaucoup d’argent. Ne remplissant aucune des conditions ils sont alors la proie des facéties du seigneur : Jean est chassé du château et Jeanne est violée puis relâchée. La vie ne sera désormais plus jamais comme avant, Jean va sombrer dans le tourbillon noir de la déchéance et Jeanne pactisera avec le diable pour le pire et par amour pour sauver celui qu’elle aime, devenant ainsi une sorcière.

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L’anime est une adaptation libre du livre « La Sorcière » (1862) de l’historien français Jules Michelet. Il étudiait dans celui-ci le rôle de la sorcellerie, et par extension celui de la sorcière, au Moyen Âge, en y démontrant le caractère utile de cette pratique pour l’émergence d’une pensée libre et se voulant déliée du savoir qu’inculquait l’Église. Kanashimi no Belladonna conserve le lien si particulier qu’entretenait l’auteur avec la fantasmagorie, tout d’abord visuellement. Il est proprement impossible de définir clairement l’expérience graphique qu’est cette œuvre. Elle se pare d’un style de dessin très proche de ce qu’on pouvait trouver au Moyen Âge (même si les images que je propose ne sont pas axés sur ce traitement graphique comme vous pouvez le voir), de même pour les couleurs qui ne sont pas appliquées uniformément à ce que l’on voit. Cela se veut très proche de ce que l’on peut apercevoir dans le trait de l’époque, par exemple le style visible dans les fresques ou encore dans les tapisseries. On trouve d’ailleurs beaucoup de plans fixes. Et ce qui frappe très vite au fur et à mesure du visionnage c’est la volonté de ne rien omettre de la crudité de la dure vie de l’époque ainsi que du caractère scandaleux (et sulfureux) de l’histoire de Michelet. Scandaleux car elle attaque vivement un grand nombre de pratiques que se permettaient l’Église et qu’il évoque par le biais d’anecdotes et de faits, tout en oubliant pas de mentionner l’élément souvent sexuel latent des événements. Et l’évènement sexuel, le trait érotique, c’est ce qui est reprit et étiré en tout sens dans l’anime. Si il transparait comme l’élément visuel le plus frappant -il est à ce propos traité d’une manière souvent incroyable, la métaphorique des scènes est importante- il n’atténue pas pour autant les autres thèmes dont le film traite. La tristesse, le désespoir, la richesse qui devient pauvreté, la guerre, la famine, la peste y sont dépeintes (c’est le mot), les plaisirs de la chair apparaissant comme l’unique façade permettant aux humains de tenir. Sexualité qui est, vous vous en doutez étant donné la période, liée au diable, au mauvais, au pêcher.

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Plus Jeanne se perd dans la haine qu’elle éprouve plus son aura de sorcière, de femme diabolique prend de l’ampleur. Elle attise alors la convoitise du peuple qui semble complètement manipulé par la noblesse et le clergé. C’est lorsque celle-ci succombe entièrement au démon que l’œuvre devient encore plus exhaustive. Des dizaines d’images représentants des fantasmes difformes à connotation sexuels s’enchainent alors, vous les identifierez aisément car il est proprement impossible que chacun n’est pas au moins une fois dans sa vie imaginé ce genre de représentations. Elles témoignent de la symbolique inhérente au sexuel -bien entendu en lien avec l’inconscient- que l’on retrouve notamment dans les rêves, tout en oubliant pas de rappeler la dimension traumatique qui entoure cette sexualité humaine si particulière. Tout le film y participe. Nous pourrions passer des heures à discourir sur l’aspect graphique de Kanashimi no Belladonna… résumons-nous en disant qu’il fut pour moi une expérience singulière qui ne risque pas d’être oubliée de sitôt. Le développement des protagonistes suit une ligne tout à fait faustienne, Jeanne s’adonne par l’intermédiaire de sa signature avec le Mal à ses penchants vengeurs et haineux, si bien qu’elle deviendra une sainte crainte mais respectée et même adulée de par les quelques miracles qu’elle accomplira. Jean quant à lui nage dans le désespoir le plus complet. Mais peut-on vraiment parler de développement des personnages dans une œuvre comme celle qui nous intéresse aujourd’hui? L’histoire se retrouve par moment reléguée au second plan pour laisser place à l’exploration visuelle.

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Le baron tente finalement tout pour se rallier les faveurs de la sorcière et sauver la population de la peste : « Qu’y a t-il? N’es-tu pas satisfait avec cent hectares? Si c’est le cas, je te laisserais diriger le village! Non non, et si je faisais de toi une noble du plus haut rang? Cela devrait te rendre heureuse. Tu auras le plus haut rang de toute la noblesse! Que pourrais-je t’offrir d’autre? » Jeanne lui répond : « Rien. Je n’ai aucun besoin de tout cela. » Le Baron poursuit :

« Mais que veux-tu?

_Tout.

_Comment?!

_Absolument tout sur ce monde. Le monde entier. »

Je vous laisse découvrir la musique si particulière qui accompagne le tout. On pourrait en dire bien plus en faisant des recoupements avec le livre « La Sorcière » et en adoptant un œil psychopathologique : l’indicible lien entre sorcellerie, possession démoniaque au Moyen Âge et maladie mentale (l’hystérie). La « bella donna » qui signifie belle dame en italien est aussi le nom d’une plante toxique la belladone. Bien d’autres choses pourraient être traitées, mais il faut reconnaître que le film se concentre essentiellement sur l’aspect poétique et érotique.

Au final, voici une production des années 70 en marge de tout et sans doute réservée à un public adulte.

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Fin (en tout cas sous cette forme) de notre petit tour d’horizon autour des animes sortant de la norme.

  • atamayamaAtama Yama

Année : 2002

Réalisateur : Koji Yamamura

Durée : 10min. 35sec.

Atama Yama est l’histoire étrange d’un homme étrange. Celui-ci vit seul dans un appartement désœuvré se nourrissant de ce qu’il trouve. Un jour il mange des cerises et voit peu à peu pousser un cerisier sur sa tête. Le trait s’apparente beaucoup à ce qu’on pouvait trouver dans Inaka Isha (j’en parle ) du même Yamamura, sauf qu’ici les personnages ne défient pas les lois naturelles de la même façon. À n’en pas douter on peut voir poindre ici une petite critique des tares d’une partie de la population japonaise. S’ils s’en sortent finalement bien, l’homme au cerisier va lui subir la situation et sa chute sera brusque. La narration est très intéressante et uniquement portée par un shamisen. Une petite curiosité à tenter.

  • daicon3Daicon III & IV Opening Animations

Années : 1981 & 1983

Réalisateur : Hiroyuki Yamaga pour Daicon IV

Durée : 5min. 14sec. & 5min. 57sec.

J’ai découvert ces deux clips il y a peu (oui, je suis plutôt nouveau dans le milieu), difficile de passer à côté étant donné leur grande valeur historique et leur niveau. Ils ont tous deux été projeté à la convention Daicon, une convention japonaise de science-fiction. « Daicon » signifie grande convention et aussi radis blanc (source). Daicon III utilise ce quiproquo pour démêler une petite intrigue dans laquelle une écolière se voit donner un semis de radis blanc qu’elle doit défendre contre toute une série d’ennemi. Les trois créateurs de ce petit projet sont : Hideaki Anno qu’on ne présente plus, Takami Akai (créateur de Puchi Puri Yuushi aka « Petite princesse Yucie » lors de son adaptation en anime) et Hiroyuki Yamaga (réalisateur des Ailes d’Honneamise quelques années plus tard, puis Mahoromatic). Les trois jeunes alors amateurs ont créé la chose en quelques dizaines de jours en se partageant les taches. Il semble que ce fut leur premier vrai travail et ils ce sont servis pour cela d’un rouleau de film de vinyle l’utilisant comme celluloïd. Difficile de juger de la qualité (on voit bien que c’est un peu rudimentaire mais j’y trouve un certain charme) puisque l’unique version que j’ai pu trouvée est sur youtube. C’est quand même un petit plaisir nostalgique à regarder, pas mal de références au monde de l’imaginaire SF parsèment l’œuvre.

daicon4Les trois animateurs furent remarqués entre autre par Bandai et ils partirent travailler sur Super Dimension Fortress Macross. En 1983 ils se réunissent à nouveau, accompagnés entre autre par Yoshiyuki Sadamoto (chara-designer de génie sur Nadia, Neon Genesis Evangelion, FLCL, etc…) et Mahiro Maeda (qui travaillera au sein de Ghibli, deviendra ensuite un des piliers du studio Gonzo et sera réalisateur sur Gankutsuou : Le Comte de Monte-Cristo). Fort de leur expérience respective nouvellement acquise ils produisent Daicon IV qui sera un grand succès. Logique… l’animation est incroyablement fluide, les références à la culture manga et SF de l’époque pleuvent littéralement et deviennent rapidement un immense hommage à toutes les productions de l’époque : « I have a message from another time ». Le début se présente comme une revisite de Daicon III, puis l’écolière devient plus adulte et se pare d’un costume de Bunny Girl pour combattre partout contre toute sorte d’ennemi. Les images sont soutenues par la musique « Twilight » d’Electric Light Orchestra. Quelques unes des séquences d’animations sont encore aujourd’hui mythiques comme par exemple celle de l’explosion (on me fait signe dans l’oreillette que celle-ci est aussi visible dans Otaku no video, depuis le temps que j’essaye de le voir celui-là si quelqu’un pouvait m’y aider), ou encore la déformation du sol et la naissance de la nature lorsque le rayon laser traverse le paysage. Grâce à leur renommée le groupe d’amis fondera le studio Gainax avec d’autres collègues afin de produire Les Ailes d’Honneamise. Bref, c’est à voir!

  • vlcsnap-335743Diary of Tortov Roddle (Aru Tabibito no Nikki) & OAV

Années : 2003 & 2006

Réalisateur : Kunio Katou

Durée : 6 épisodes de 2min. 30sec. & 3 OAV de 3min. à 6min.

Une œuvre belle et sensible dans laquelle on suit les voyages consignés dans le journal de Tortov Roddle. Le dessin ainsi que la palette de couleur sont singulières, loin de ce qu’on n’a jamais pu percevoir. Les tons empreins de bleu et de vert azurs créés un monde fantastique du plus bel effet. La musique ce fait minimaliste alternant piano, accordéon et d’autres instruments. Les épisodes deux et quatre m’ont profondément marqués de part leur charme poétique infaillible. Qui plus est l’adéquation entre visuel et sonore sur ces épisodes était un véritable enchantement. À la croisée des chemins avec un Kino’s Journey, en certes plus intimiste, The Diary of Tortov Roddle propose un doux voyage dans un monde des plus fascinant. Les trois OAV qui suivirent avec la sortie DVD sont à mon humble avis moins réussis. On abandonne ici les nuances azurs et les petites doses de mélancolie que les premiers épisodes savaient distillées à merveille. Les segments se font parfois sans Tortov Roddle pour se clôturer dans un court-métrage très abstrait qui n’a plus grand chose à voir avec ce qu’on a pu percevoir précédemment. Il persiste néanmoins la force d’attraction des images.

  • end-of-the-worldEnd of the World

Année : 2002

Réalisateur : Osamu Kobayashi

Durée : 8min. 24sec.

Kazumi fait la rencontre d’une fille à un concert de rock. Elle s’appelle Yuko et dit ne pas provenir de la planète Terre. Alors qu’elles se retrouvent dans l’appartement de Kazumi, Yuko prend le contrôle d’une curieuse machine puis part « mettre fin au monde ».  Voilà un OAV assez farfelu au design très cartoonesque. Yuko se retrouve à combattre des créatures étranges dans un monde qui l’est tout autant. Le court-métrage en lui-même n’a rien de transcendant (comprenez qu’il est plutôt moyen), d’autant plus que je ne l’ai trouvé nul part ailleurs que sur youtube. Pas grand chose à en dire de plus vraiment… il a néanmoins l’avantage d’augmenter votre liste d’animes complétés sur MAL (bouh le bel argument).

  • vlcsnap-57939Hakaba Kitarou

Année : 2008

Réalisateur : Kimitoshi Chioka

Durée : 11 épisodes de 23min.

Je n’ai vu à l’heure actuelle que trois épisodes mais je me permet d’en parler. Basé sur le manga GeGeGe no Kitarou (1959) de Shigeru Mizuki, cette série nous entraîne dans le monde des esprits et du folklore japonais. On y suit Kitarou le dernier représentant de la Tribu des Fantômes au milieu des humains et d’autres créatures. Une ambiance très sombre, souvent morbide et extrêmement réussit. Cela passe par une colorisation pauvre, sauf par moment où les couleurs lumineuses flash. Le directeur artistique Takashi Kurahashi (au même poste sur la série Mononoke) fait des merveilles avec ce style, l’image est recouverte d’une sorte de linceul transparent qui donne aux dessins un cachet vieillot du plus bel effet. En ce qui concerne l’histoire, même si j’ai pour l’instant peu avancé, Hakaba Kitarou ressemble à un Mushishi qui lorgnerait presque exclusivement sur des sujets liés à la mort. Démons, fantômes, enfer, vampires, accompagnés du bestiaire japonais classique sont donc de la partie. Une aventure macabre que je vais continuer avec plaisir.

  • vlcsnap-285271Memories : Cannon Fodder

Année : 1995

Réalisateur : Katsuhiro Otomo

Durée : 22min. 33sec.

Difficile de ne pas évoquer ce segment de Memories, pour moi le plus réussit des trois que nous présente Otomo. Dans un univers de science-fiction typé steampunk, Cannon Fodder nous présente une ville battit autour d’un unique idéal : la guerre. Elle est pour cela équipée d’une grosse quantité de canon tous plus imposants les uns que les autres. L’économie entière de la cité gravite autour de ses canons et toute la population participe à une sorte d’effort de guerre permanent. On suit donc le quotidien d’une famille : le fils qui part étudier la trajectoire d’un obus, la mère qui fabrique ces mêmes obus, enfin le père qui travaille directement sur un canon. Le style graphique sied très bien au court-métrage avec des couleurs frappant dans le gris, les humains ont ici un visage livide quasi permanent. Ce qui demeure fabuleux dans cette production c’est sa capacité à poser des questions essentielles sur la guerre en seulement quelques minutes et avec des courts dialogues. Cette ville se bat, mais pourquoi? Où est l’ennemi? Y’en a-t-il jamais eut un? Et si oui, qui est-il? La dernière phrase du père lorsqu’il répond à son fils est à ce propos éloquente. Autant de questions pertinentes qui nous font apparaître l’absurdité des batailles.

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  • On Your Mark

Année : 1995

Réalisateur : Hayao Miyazaki

Durée : 6min. 44sec.

En plus d’un Miyazaki que tout le monde connait, on retrouve au poste de directeur artistique de ce petit bijou Youji Takeshige (à ce même poste sur nombre de Ghibli : Porco Rosso, Princesse Mononoke, Mes voisins les Yamada, etc… et actuellement sur Summer Wars, le film à venir de Mamoru Hosoda), et à celui de directeur de l’animation Masashi Ando (animateur clef sur Ghost In The Shell 2, beaucoup de Ghibli ainsi que directeur de l’animation sur Paranoïa Agent et Paprika). On pourrait comparer On Your Mark à une forme de clip musical. On nous raconte en quelques minutes une histoire accompagnée par une chanson : alors que les radiations contaminent la Terre, on assiste à une descente de la police dans les locaux d’une secte. Deux policiers se détachent rapidement du groupe pour sauver une jeune fille ailée.  Après l’avoir laissé aux mains d’un groupe de scientifique ils réalisent qu’elle se retrouve captive à nouveau. Un plan sera mit au point pour la libérer une fois pour toute.

Fait assez rare le récit prend place dans un monde science-fictionnesque très avancé (même si concentré sur une cité), ce qui est peu commun pour le studio Ghibli. D’immenses tours constituent la ville principale, reliées entre elles par des routes s’élevant à des centaines de mètres au dessus du sol. L’animation est parfaite, certaines séquences sont impressionnantes encore de nos jours comme celle où nos trois compères tentent de s’échapper à l’aide d’un camion sur une route suspendu qui sera détruite. Aucun dialogue donc puisque la musique a ici la primauté (elle colle d’ailleurs avec merveille aux images), côtoyant seulement quelques bruitages comme des explosions, des balles et des chocs. Impossible pour moi d’oublier la dernière minute de ce chef-d’œuvre… le sourire parfait, plein de bonté, de gratitude et d’excellence de l’héroïne miyazakienne dans toute sa splendeur auquel s’adjoint les quelques notes du piano. Pour ceux qui pensent qu’il est impossible de mettre en place une histoire tangible et intéressante en quelques minutes, On Your Mark devrait vous prouver le contraire. À voir et à revoir.

  • vlcsnap-1060819Spring and Chaos

Année : 1996

Réalisateur : Shoji Kawamori

Durée : 56min. 7sec.

Spring and Chaos présente de façon magnifique la biographie de Kenji Miyazawa, poète et écrivain japonais. Né dans une famille bourgeoise mais dans une région paysanne, il se révolte vite contre son père qui est prêteur sur gage. Jeune avide de savoir et incompris de ce père et des fermiers il s’intéresse à la poésie, la littérature, le théâtre, la musique, l’astrologie, la religion et la géologie. Il va plus tard devenir professeur dans sa ville natale où il développera une manière bien à lui d’enseigner. Après avoir quitté ce poste il se consacre à l’agriculture même si il continue d’enseigner de façon passionnée à des enfants jusqu’à sa mort (à 37 ans). L’anime qui lui est dédié survole les périodes les plus importantes de sa vie.

vlcsnap-1062486La réalisation de Kawamori (créateur de Macross, d’Escaflowne) est brillante, tout simplement brillante. Alors que les personnages sont représentés par des chats, on suit donc les pensés, les doutes, les angoisses, les questionnements et les créations de Kenji Miyazawa. Professeur un peu excentrique et curieux, il apprend à ses élèves en les confrontant au cœur des expériences de la vie et de la nature. Le traitement graphique change souvent pour partir dans de longues envolées créatives prenantes où les symboles sont légion. Par moment l’anime à trait au génie, notamment lorsqu’il s’arrête sur cet incroyable temps où l’inspiration vient à l’artiste. Que sont les fondements de cet instant? La vision d’une scène qui frappe la conscience, période éphémère où se conjugue état d’esprit, image, sonorité, ressentit en un seul et unique éprouvé qui ferait que l’artiste capte l’essence même de l’instant comme si il traversait la matière elle-même pour saisir là une vérité nouvelle. Ou plutôt une vérité qui a toujours été présente mais n’a jamais été découverte. L’animation sur cette séquence est vraiment captivante. Et des moments artistiques comme ceux-ci, on en trouve en nombre dans ces 50 minutes (la crise d’angoisse par exemple). Les choix musicaux sont au même titre sublime, quoi de mieux par exemple que la sonate pour piano n.14 « Au clair de Lune » de Beethoven pour accompagner un artiste dans sa solitude et sa nostalgie? Peut-être reviendrais-je sur cet anime pour un article, il y a matière à faire quelque chose. Une œuvre littéraire et forte, comme l’homme qu’elle présente… c’est bien ce qui m’a comblé.

  • 5077lWinter Days

Année : 2003

Réalisateur : Kihachiro Kawamoto

Durée : 40min.

Je présente cette œuvre ici même si je sais bien qu’elle est située très loin de l’animation japonaise que nous connaissons (et donc est susceptible de ne plaire qu’à une maigre part des visiteurs). Winter Days est un renga (aussi dit renku de nos jours), une forme de poésie japonaise dans laquelle plusieurs tanka (plus vieux et un peu plus longs qu’un haïku) se suivent. Il a été écrit par le célèbre maître des haïku Matsuo Basho. Kawamoto a fait appel à des dizaines d’animateurs/réalisateurs du monde entier afin d’illustrer chaque stance du poème. Une stance par animateur donc avec la plupart des courts-métrages faisant moins d’une minute. On retrouve quelques noms connus comme Koji Yamamura (que vous avez souvent croisé dans ma série de billet), le fameux Isao Takahata, Shinichi Suzuki, etc… Chacune des illustrations possède un style unique que l’animateur a voulu développer, on passe de l’estampe japonaise à un style occidental, de personnages animés en pâte à modeler à d’autres en 3D et bien d’autres choses. Pour le coup, voici une véritable œuvre à part. Son visionnage se fera ici si vous êtes tenté (une vidéo par stance) et mieux vaut bien maîtriser l’anglais. J’oubliais de vous informer que cette production avait gagné le grand prix du festival Media Arts au Japon en 2003 et qu’elle a été licencié aux Films du paradoxe.

Durant ce mois où je me suis penché sur toutes ces oeuvres à part j’ai pu découvrir nombre de chose que je n’ai pas évoqué dans mes billets. Il y a aussi des animes que je connais depuis un moment mais dont je n’ai pas désiré (ou pas pu tout simplement) parlé. Citons : Amer Beton (il mérite un billet à lui seul), Genius Party (par flemme), Mononoke (pas eu le temps de le voir), Mind Game (par flemme), Mezame no Hakubone (trois semaines de torrent et toujours pas terminé de dl), Windy Tales (pas encore vu malheureusement), Kanashimi no Belladonna (que l’on vient gracieusement de me passer à l’instant), plein de petites choses du studio 4°C et j’en oublie.

En espérant vous avoir donné envie de voir ces choses entre un shonen et une niaiserie à la Key/Kyoto animation (ouch le coup bas facile et provocateur! Je vais me faire des amis).

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